Pop corn & fauteuils rouges

A travers le monde, dans différentes langues, le cinéma reste le même. Chaque pays à ses acteurs fétiches, ses cérémonies, ses styles, etc... Le cinéma est une représentation du monde.

Je vous laisse avec, à mes yeux, la meilleure Opening Scène des Oscars de tous les temps. On la doit à Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother), Anna Kendrick (Pitch Perfect) et Jack Black (Kung Fu Panda).



Lion

Je l'ai vu il y a un petit moment maintenant, donc ça va être court : Lion est un bijou ! Très émouvant du début à la fin avec Dev Patel jouant Saroo, jeune homme australien d'origine indienne et Nicole Kidman, sa mère adoptive (tous les deux nommés dans la catégorie meilleur second rôle, tous les deux perdants). Avec de multiples flashbacks (j'en ai compté sept), le film est très  bien monté er de façon à ce que l'on comprenne l'enfance de Saroo, son pays d'origine, sa famille pauvre, ses moeurs, et son voyage vers l'Australie et sa nouvelle famille. On observe donc des vas-et-viens de entre la jeunesse de Saroo, sa mère, son frère, le moment où il s'égare, lorsqu'il est adopté et sa vie 20 ans plus tard animée par l'envie et le besoin de retrouver sa famille. Une histoire vraie, vous l'aurez deviné, très touchante qui nous fait sourire et nous fait se sentir bien. 

Il est encore en salle, pas pour longtemps, alors foncez !

La La Land

Alors, alors, alors... Je vous avez dit que je ferai une critique plus poussée plus tard (ici), mais je vais me raviser. J'ai le sentiment une tout a été dit sur La La Land, les acteurs sont excellents, la musique est géniale, la réal est techniquement et esthétiquement incroyable, le montage est très maitrisé, etc. Ce film est un bijou de pureté, bal bal bla... Du déjà lu ! Alors, plutôt que de vous infliger une énième bonne critique, je préfère juste vous dire de foncer parce que c'est 2 heures de rires, d'émotions et d'émerveillement et que je l'ai déjà vu quatre fois parce que c'est l'envie qu'il m'a donné : aller le voir, et le revoir, et encore le revoir pour scruter chaque détail, chaque mouvement de caméra, chaque réplique, tout.  

Je vous laisse avec la vidéo critique (sans en être vraiment une) du Fossoyeur de Film et je vous invite très très fortement à aller voir un peu partout sur internet les vidéos coulisses ou making of du film pour bien vous apercevoir du génie de Damien Chazelle ! 

89ème Academy Awards, le debrief

Bon, bon, bon... Beaucoup de choses se sont passées entre 2h30 et 6h30, voilà un top 8 de ce qu'il faut retenir de cette 89ème Cérémonie.

 

1) 5 Oscars sur 14 pour La La Land

Dont meilleure actrice pour Emma Stone, meilleur décor, meilleure musique, meilleure bande originale pour City of stars et meilleur réalisateur pour Damien Chazelle.

 

2) Un tour bus surprise invité 

Jimmy Kimmel a eu la brillante idée de détourner un bus touristique de Los Angeles et de faire venir tout ce beau monde à une "exposition des plus belles robes des Oscars". Ce qu'ils ne savaient pas c'est que les robes étaient portées. On assiste donc à une Meryl Streep qui 'hug' tout le monde, Denzel Washington qui marie un couple, Ryan Gosling qui fait des bises, Emma Stone qui tape une discussion avec une inconnue, Jennifer Aniston qui offre ses lunettes de soleil... Un moment extrêmement mignon avec des stars bienveillantes et des personnes sincèrement surprises (en même temps y a de quoi !)

 

3) Pas de Cocorico

Face à Emma Stone, Natalie Portman, Metyl Streep (qui fêtait sa 20ème nomination à peine), on espérait qu'Isabelle Huppert ou Houppert si on le prononce à la DiCaprio, avait sa chance. Sans rancune, 'Elle' n'a pas dis son dernier mot et n'a pas fait ses derniers pas sur le tapis rouge du Dolby Theater.

 

4) Une édition spéciale de Mean tweets 

Mean tweets - méchants tweets - est une séquence culte de l'émission de Jimmy Kimmel. Le principe est de recueillir des tweets à propos de stars méchants, bien-sûr, et de les leur faire lire. Une édition spéciale dans laquelle Emma Stone, Ryan Gosling, Eddie Redmayne, Robert De Niro, Miles Teller, Felicity Jones et d'autres se sont prêtés au jeu !

 

5) De beaux discours

Notamment celui de l'absent Asghar Farhadi qui a remporté l''Oscar du meilleur film étranger. Il avait décidé de boycotter la Cérémonie après l'annonce du Muslim Ban de Trump. Il avait déjà remporté le même Oscar pour 'Une séparation' en 2012 et cette année c'est 'Le client' qui triomphe. Son discours très centré sur la politique, l'humanité et le respect a été lu par Anousheh Ansari, première 'femme-touriste' de l'espace et femme d'affaire iranienne. On peut compter dans les beaux discours, celui d'Emma Stone sur les rêves et comment s'y accrocher, celui de Casey Affleck (meilleur acteur) sur l'amour qu'il porte à son frère, Viola Davis (meilleure actrice secondaire) ainsi que Mahershala Ali (meilleur acteur secondaire) joints à l'équipe entière de Moonlight et leurs très inspirants discours sur la tolérance et l'amour des autres. Et j'en oublie bien sûr...

 

6) Un medley La La Land, vous m'avez perdu

John Legend, rien que ça, a interprété un medley des deux musiques nommées pour la meilleure bande originale, Audition (The fools who dreams) et City of stars. Cette interprétation n'a pas fait l'unanimité apparemment, mais elle a fait boum boum dans mon coeur à moi !

 

 

7) Un Jimmy Kimmel en forme

Il a fait pleuvoir des cookies, des donuts et des bonbons, détourné un bus, et bien que je l'ai trouvé un peu absent, ses moments de présence étaient intelligents, provocants et surtout hilarants. Il s'est confondu en excuses après la bourde générale du Best picture Academy award, bien que ce ne fut pas sa faute ! On t'aime Jimmy, revient l'année prochaine c'était par raté. Enfin si, c'était raté mais c'était pas ta faute.

 

 

8) Une fin inattendue et enrageante 

Je vous fait le topo : 6h15 debout depuis presque 24h, 5 heures à lutter devant l'écran, tout en appréciant la cérémonie, Faye Dunaway et Warren Beatty arrive, moi je suis aux anges de revoir les cultissimes Bonnie & Clyde réunis. Le meilleur film tombe, après une brève pause de Warren pour faire monter le suspens : La La Land. Joie incommensurable, bien sûr et la sensation que cette soirée touche à sa fin : au tour du sommeil maintenant ! Sauf que...

Une fois que tous le casting et toute l'équipe technique est sur scène, retournement de situation, le vainqueur est Moonlight. Stupéfaction pour moi je vous lasse imaginer, La La Land s'en va peu à peu de scène, laissant place au vrai gagnant : Moonlight. Comme je l'ai dit dans les pronostics (que je me suis foirés au passage, 4/9) j'ai beaucoup aimé Moonlight et j'aurais été ravi pour eux si ils avaient gagné Best Picture. MAIS, on a annoncé La La Land, et pour moi ça restera La La Land. Si Moonlight avait été cité en premier, j'aurais été tout aussi contente, mais la fausse joie, le regard vide de Damien Chazelle et l'incompréhension d'Emma Stone me mettent en colère. Les Oscars, cérémonie culte veille de presque un siècle, la mieux montée du Monde ne peut pas, NE PEUT PAS se tromper d'enveloppe. Car voilà ce qui s'est passé : Beatty se retrouve avec l'enveloppe de 'Best leading role actress' en main (soit Emma Stone), il l'ouvre et se retrouve donc face non pas à un nom de film, de réalisateur et de producteur, mais face à celui d'une actrice récompensée dix minutes plus tôt. Première erreur : l'enveloppe. Deuxième erreur : le duo, décide de dire un nom de film au pif plutôt que de dire que ce n'est pas la bonne enveloppe. Quelques minute plus tard c'est un membre du crew de La La Land lui-même qui va montrer la vraie carte et demander à l'équipe de Moonlight de monter. Tout ça s'est passé en à peine cinq minutes, je vous laisse imaginer l'ascenseur émotionnel !

 

En bref, une cérémonie, juste, qui prône la diversité, cette année, très bien tenue par Jimmy Kimmel et très drôle dans l'ensemble, mais La La Land quoi ! 

Bonus

 

Un In Memorium qui m'a tiré les larmes avec ses hommages à Debbie Reynolds, Carrie Fisher, Gene Wilder, Jonh Hurt et mon 'Amour' Emmanuelle Riva.

Oscars 2017, pronostics

Oyez, oyez ! Voici mes pronostics pour les Oscars (ce matin à 2h sur Canal). Quelques explications : je ne donne pas mon avis sur toutes les catégories car je n'ai pas vu TOUS les films nommés. J'ai choisi de me prononcer uniquement sur les catégories qui comportent, minimum, deux films que j'ai vu. Ça donne une liste réduite que voici :

 

Meilleur film 

Va l'avoir : La La Land

J'aimerais qu'il l'ai : Premier contact (Oui, oui, je n'ai cessé d'encenser ce La La Land, mais comme il va tout rafler, il en faudrait pour les autres et Premier Contact le mérite !)

 

Meilleure actrice

Va l'avoir : Isabelle Huppert

J'aimerais qu'elle l'ai : Natalie Portman (gros, gros, GROS problème pour choisir ma favorite cette année, dans l'absolu, toute gagnante me réjouirait)

 

Meilleur réalisateur

Va l'avoir : Damien Chazelle

J'aimerais qu'il l'ai : Xavier Dolan (mais il est pas nommé, donc Damien Chazelle)

 

Meilleure musique

Va l'avoir : La La Land

J'aimerais qu'il l'ai : La La Land

 

Meilleure chanson originale

Va l'avoir : City of Stars

J'aimerais qu'elle l'ai : Audition

 

Meilleur scénario adapté :

Va l'avoir : Moonlight

J'aimerais qu'il l'ai : Premier Contact (pas d'offense, j'ai a-do-ré Moonlight mais je pense que Arrival - Premier Contact en VF - a ses chances)

 

Meilleure photographie

Va l'avoir : Moonlight

J'aimerais qu'il l'ai : La La Land (c'est simple, Moonlight est sombre, La La Land lumineux, je sais celui que je préfère)

 

Meilleur costume

Va l'avoir : La La Land

J'aimerais qu'il l'ai : Les Animaux Fantastiques ou Jackie ou Alliés (Je ne comprends pas cette nomination : les costumes de La La Land ne sont pas si extraordinaires, les autres le sont largement plus !)

 

Meilleur décor 

Va l'avoir : Passengers

J'aimerais qu'il l'ai : Les Animaux Fantastiques ou Premier Contact ou Passengers, d'ailleurs

Jackie

En résumé : Jackie est le biopic de Jackie Kennedy, première dame des États-Unis de 1961à 1963 - mandat écourté par l'assasinat de son mari John Fitzgerald Kennedy le 22 novembre 1963 à Dallas. Le film parle donc de l'avant, de l'après, du moment même mais surtout le la femme. Charismatique, forte, qui savait ce qu'elle voulait et qui l'obtenait.

Si certains doutaient encore de l'excellence de Natalie Portman à l'écran (peut-être que ça existe après tout !), courrez voir Jackie et vous changerez d'avis. Eblouissante dans le mythique tailleur rose de feu l'ancienne première dame, elle a donné la réplique à John Hurt, qui lui disaient ces dernières à l'écran, au revoir Monsieur Olivander.

 

Le montage du film est très intéressant lui aussi : une trame excellemment bien construite et découpée en 4 périodes de temps. Les premiers pas de la famille K à la Maison Blanche en 61, le jour de l'assassinat et tout ce qui en relate (à savoir l'enterrement, le moment de quitter la demeure présidentielle, etc), l'interview dans la maison de campagne - qui est une élément majeur de l'histoire car c'est grâce aux questions que le journaliste pose que nous en savons plus sur l'histoire, et enfin la confession au prêtre postérieure à cette dite interview. Un bon nombre, donc, de va-et-viens dans le temps et à chaque fois une Mme Kennedy différente. 

 

Pour finir, c'est pour moi un biopic réussi, efficace et très poignant ! Comme d'hab : VO fortement conseillée ! 

Nerve

En résumé : Nerve est un jeu en ligne auquel jouent deux catégories de personnes : les watcher (voyeurs) et les players (joueurs). Les voyeurs payent pour regarder les joueurs réaliser les défis qu'on leur lance quant à eux, ils jouent pour gagner gloire et argent.  Le film est magnifiquement bien tenu par Emma Roberts (restez connecté, un petit coup de coeur arrive bientôt) et Dave Franco qui sont respectivement la nièce de Julia et le frère de James.

 

Sous ses airs de Teen-movie, Nerve est un vrai bon film de société ! Il traite de l'hyper-connectivité de nos générations, de ce que sont capable beaucoup de personnes derrière un pseudo et derrière un écran. Une simple partie de cap ou pas cap à laquelle on a tous déjà jouée mais qui cette fois-ci vire à l'extrême et à l'illégal ! Les musiques sont aussi excellentes... (D'ailleurs, une playlist serait en préparation...). En bref, je vous conseille vivement ce film très rythmé qui vous tient en haleine de bout en bout !

Spotlight

En résumé : Inspiré de faits réels. Spotlight est le film qui retrace l'enquête journalistique des 5 investigateurs du désormais célèbre journal Boston Globe. Nommé 6 fois aux Oscar (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur dans un 2nd rôle, meilleur actrice dans un 2nd rôle, meilleur scénario original, meilleur montage), 3 fois aux Golden Globes (meilleur film dramatique, meilleur réalisateur, meilleur scénario), ce chef-d'oeuvre (oui, appelons un chat, un "chat")  cumule à 15 semaines de sa sortie mondiale, le film  plus de 54 millions de bénéfice. Les critiques du monde entier appellent au visionnage urgent, et ils ont bien raison !

 

L'histoire (contient des spoilers) : Marty Baron, juif, devient le nouveau chef du Boston Globe, journal local de la ville de Boston, 56% de catholiques. Il met l'équipe d'investigation du journal, le service Spotlight, sur une affaire... Une affaire qui lui semble bien trop importante pour rester privée : 3 prêtres de la ville soupçonnés de viol sur des mineurs. 

Bien que l'Eglise s'oppose à toutes accusation, que des avocats soient contraints au silence, bien que les victimes ou plutôt les "survivants" aient bien de la douleur à se souvenir de leur passé, contre toutes attentes, Spotlight fera condamné 90 prêtres de Boston et sèmera un doute, toujours présent aujourd'hui, sur l'intégrité de l'Eglise. 

 

Ma critique : J'ai pu observé sur moi-même, 3 phases :

-la première est celle du "flou", le film étant en VOSTFR, j'ai eu quelques petits problèmes de noms et de lecture de sous-titres (qu'ils parlent vite ces américains !)

-la deuxième est sans doute la plus amusante, c'est celle ou en est tellement pris dans l'histoire que l'on se met à penser comme eux. On en vient même à vouloir être née 40 ans en arrière, pour courir au 170 West Rd, Boston, USA, et leur venir en aide.

-La dernière est quand on sort de la séance, et qu'on débrief de l'énorme claque que l'on vient de se prendre  ! On parle de ce qui se passe en France, de pourquoi c'est si toléré, aujourd'hui ou plus rien ne l'est, on se demande si ça aurait peut être une autre religion que le catholicisme, et si ça avait était l'islam, le judaïsme ? Est-ce que cela se serait passé pareil ?Est ce que mes futurs enfants iront au catéchisme, et si ça avait été moi, ma soeur, mon père ?

"It could have been you. It could have been any of us" Michael Resends (Mark Rufalo).

Still Alice

En résumé : Still Alice est l'adaptation cinématographique du livre de Lisa Genova, L'envol du papillon. Récompensée 15 fois, Julianne Moore, Oscar de la meilleure actrice 2015, joue Alice. Le film a engrangé plus de 18 millions de dollars en 5 semaines de projection en Amérique.

 

L'histoire : Alice, new-yorkaise de 50 ans, brillante linguiste, perds ses mots. Quel comble ! Le diagnostic est sérieux : Alzheimer précoce. Entourée de son mari, chirurgien de renom, ses filles et son fils, elle va apprendre à vivre avec cette effroyable frustration  d'oublier tout ce qu'elle a entrepris dans sa vie, toutes ses connaissances. 

La maladie d'Alzheimer touche plus de 40 millions de personnes à travers le monde. 20 000 d'entre eux sont diagnostiqués avant l'âge de 60 ans. Outre les symptômes : démence, incontinence et autres, 1/4 des maladies sont transmise de générations en générations. C'est le cas d'Anna, la fille d'Alice, 35 ans, qui vient de se marier, et qui est enceinte de jumeaux. Elle apprend qu'elle est porteuse du gène et qu'elle a donc 1 chance sur 2 de vivre une vie qu'elle va oublier au fur et à mesure. N'est-ce pas la plus horrible des frustrations ? Je trouve que oui.